Demain, vendredi 10 juillet, le départ de Road to Lausanne sera donné à Genève. Pendant trois jours, un groupe de 14 participantes reliera Genève à Lausanne par les plus belles routes de Suisse romande, avec une arrivée prévue dimanche aux environs de 13h30 à Ouchy.
Pensé dans le sillage du Grand Départ du Tour de France Femmes avec Zwift, Road to Lausanne veut prolonger l’élan de l’événement et contribuer à la promotion du cyclisme féminin à tous les niveaux. Le projet bénéficie du soutien du Canton de Vaud, par le biais du Service de l’éducation physique et du sport, ainsi que du comité d’organisation du Grand Départ, qui voit dans Road to Lausanne un projet héritage capable de faire vivre le vélo au-delà du peloton professionnel.
Le parcours reprend plusieurs portions des étapes du Tour de France Femmes, mais il ne se contente pas de suivre les routes de la course. Lillie Rumpf, initiatrice du projet et fondatrice de Cycling Heidi, l’a adapté à l’esprit de Road to Lausanne, avec le souci d’éviter autant que possible les axes trop fréquentés et de privilégier des routes plus calmes, repérées au fil de ses sorties. « L’objectif est simple: mettre en valeur les territoires traversés et offrir aux participantes la meilleure expérience possible sur le vélo. » Découvrons le parcours avec Lillie.
Jour 1: Genève → Yverdon-les-Bains (102 km, 1070 m D+)
Pour Lillie, la première étape, entre Genève et Yverdon-les-Bains, a une résonance particulière. « Cette étape est spéciale pour moi, elle résonne vraiment dans mon cœur », explique-t-elle. La route traverse une région qu’elle connaît intimement, celle qu’elle a parcourue presque chaque jour lorsqu’elle est arrivée en Suisse. Elle vivait alors à Dully, un petit village de La Côte. « Je n’avais pas de travail, alors je roulais énormément », raconte-t-elle. C’était avant Strava, avant les traces partagées et les itinéraires prêts à suivre. Elle partait simplement explorer les petites routes entre Genève, le pied du Jura et Yverdon.

Presque vingt ans plus tard, revenir sur ces routes avec Road to Lausanne aura forcément une dimension personnelle. « Voir cette région à la télévision pendant le Tour de France Femmes sera très émouvant pour moi, et j’ai vraiment hâte d’emmener notre groupe sur ces routes. » Le Tour de France Femmes empruntera une partie de ce secteur lors de sa deuxième étape, dans le sens inverse. Pour Road to Lausanne, Lillie a gardé l’esprit du parcours, mais l’a ajusté pour que l’expérience soit plus agréable et plus sûre pour un groupe cycliste.
Peu après le départ, Vélosophe Road & Gravel Shop accueillera une première pause café à Chambésy, une manière simple et chaleureuse de lancer la journée, de mettre tout le monde à l’aise et de donner le ton de ces trois jours.
Le premier grand moment visuel devrait arriver dans les vignes de La Côte, avec le lac Léman en contrebas et le Mont-Blanc en arrière-plan. « Aujourd’hui encore, cette vue me coupe le souffle », confie Lillie.
Les participantes atteindront Yverdon-les-Bains après 102 kilomètres et 1070 mètres de dénivelé positif. Elles seront accueillies à l’Hôtel du Théâtre, un bike hotel où elles trouveront les conditions idéales pour récupérer, se poser après cette première journée et repartir en forme le lendemain matin.
Jour 2: Yverdon-les-Bains – Aigle (101km, 1140m D+)
La deuxième étape, entre Yverdon et Aigle, offrira une ambiance très différente. Le départ se fera sur des routes proches de la première étape du Tour de France Femmes, avant de s’éloigner progressivement vers des chemins plus discrets. « Yverdon est un point de départ magnifique, dans une région formidable pour rouler, avec beaucoup d’itinéraires cyclables », souligne Lillie. Le long du lac de Neuchâtel, le décor change: ports, plages, scènes de vie au bord de l’eau. Puis le parcours quitte le lac pour entrer dans la campagne de La Broye.
C’est l’un des points forts de cette deuxième journée: le réseau de petites routes entre les villages, peu fréquentées, avec une multitude d’options pour dessiner un bel itinéraire. Le terrain devient plus vallonné, parfois exigeant, mais c’est aussi ce qui rend l’étape intéressante. « On a vraiment l’impression de remonter dans le temps, entre le château de Lucens, la vieille ville de Moudon et ces villages vaudois que l’on traverse souvent trop vite lorsqu’on reste sur les grands axes », explique Lillie.

Lors de ses repérages, elle a aussi trouvé ces petites adresses qui changent une journée de vélo. À Vulliens, un point de vente en libre-service, avec des produits locaux et des boissons fraîches, lui reste en mémoire. « Cet endroit m’a sauvée pendant un repérage », dit-elle. Ce genre d’arrêt, presque improvisé, fera partie de l’esprit de Road to Lausanne: rouler, mais aussi prendre le temps de voir ce qui existe sur la route.
Puis, après une grande partie de la journée passée dans la campagne, le décor basculera d’un coup. « Et là, d’un coup, on arrive à Chexbres et on se retrouve dans les vignes de Lavaux. » Les vignobles en terrasses, les villages, le lac juste en dessous, les Alpes en face: un arrêt sera nécessaire pour apprécier ce paysage classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.
À Aigle, les participantes seront hébergées à Mon-Séjour, qui accueille les athlètes du Centre Mondial du cyclisme UCI, avant de prendre le départ de la troisième étape dimanche matin directement depuis le CMC. Ce dernier apportera également un soutien logistique à Road to Lausanne, notamment avec un véhicule.
Jour 3: Aigle – Lausanne (52km, 450m D+)
La dernière journée sera plus courte, mais elle concentrera plusieurs lieux symboliques. Depuis le CMC, le parcours fera d’abord une incursion en Valais, sur la rive gauche du Rhône, avec une piste cyclable particulièrement agréable. Le Valais sera d’ailleurs bien présent sur Road to Lausanne. Nathalie Monnier, cheville ouvrière de la communauté PSWCC, guidera les participantes aux côtés de Lillie. Sandrine Linder, des Mayens-de-Chamoson, fera partie du groupe, et six jeunes athlètes de Valais Cycling rejoindront la sortie dimanche avec leur coach Marion Bindith.
Après le Rhône, le groupe retrouvera le Léman. Château de Chillon, Montreux et la statue de Freddie Mercury feront partie des repères du matin. À Vevey, l’équipe de Montreux Riviera tourisme accueillera les participantes pour un ravitaillement devant la statue de Charlie Chaplin. Que proposeront-ils aux participantes? « Surprise! », ont-ils dit à Andrea Sauser, la coordinatrice du projet.

La suite ramènera le groupe dans Lavaux, avec une montée vers Chexbres avant de descendre la célèbre Corniche. « Elle ne fait pas partie du parcours du Tour de France Femmes, mais je devais l’inclure! », dit Lillie. Difficile de lui donner tort. Cette route, suspendue au-dessus du Léman, fait partie des passages les plus marquants que l’on puisse offrir à des cyclistes en Suisse romande. Elle ne sera pas seulement un détour esthétique, mais l’un des grands moments de cette arrivée vers Lausanne.
Les derniers kilomètres ramèneront les participantes au bord du lac, jusqu’à Ouchy, où leur arrivée est prévue dimanche vers 13h30. Après Genève, La Côte, Yverdon, La Broye, Lavaux, Aigle, le Valais et Montreux Riviera, Road to Lausanne aura relié plusieurs territoires par le vélo, en donnant une place centrale aux femmes qui roulent, qui guident, qui transmettent et qui font vivre cette aventure.
Comment suivre Road to Lausanne?
Pendant les trois jours, Road to Lausanne pourra être suivi sur Instagram. L’aventure sera documentée par le team média composé des talentueuses Claudia Lederer et Jeanne Lepoix, avec des stories, reels et posts publiés principalement sur le compte @cyclingheidi. Des contenus seront également partagés par les partenaires et les participantes, pour suivre la progression du groupe, les moments forts du parcours et l’ambiance de cette première édition.
« Je me réjouis de vivre cette aventure avec ce groupe de femmes, ce sera l’aboutissement d’une vision née cet hiver et qui n’aurait pas pu voir le jour sans le soutien de tous nos partenaires. Un merci tout particulier au canton de Vaud, au CO du Grand Départ et à Vincent Volet, président de l’ACCV, qui a cru en notre projet et nous a soutenues dès le départ », conclut Lillie.
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