La Slovénie à vélo: cap sur l’Adriatique

En juin dernier, je suis parti en Slovénie avec deux autres cyclistes romands, Natacha et Javier, pour découvrir ce pays à vélo et documenter notre expérience. Un projet rendu possible grâce au soutien de l’office du tourisme slovène et de Roadbike Holidays.

Si tu as manqué le premier épisode, il est à lire ici : Les Alpes Juliennes, entre lacs et cols mythiques.

Après deux jours passés à gravir des cols, nous étions curieux de découvrir une autre facette du pays. Et nous n’aurions pas pu être davantage dépaysés : nous avons pris la direction de la mer.

L’Istrie slovène : carrefour d’histoires

Oui, la Slovénie possède bel et bien un accès à l’Adriatique. Vingt petits kilomètres de côte seulement, mais une identité méditerranéenne forte. Notre base pour les deux jours à venir se trouvait à Koper, la principale ville portuaire du pays.

L’histoire de cette région est mouvementée. Ancienne possession de l’Empire austro-hongrois, elle passa ensuite sous contrôle italien après la Première Guerre mondiale, avant d’être rattachée à la Yougoslavie au lendemain de la Seconde. Le voisinage immédiat de Trieste donna même naissance à un éphémère « Territoire libre » placé sous mandat international entre 1947 et 1954. Aujourd’hui, Koper est slovène à part entière, mais conserve cette atmosphère cosmopolite héritée de siècles de brassage culturel.

Notre hôtel, le Capodistria Boutique Hotel, était un établissement moderne et fonctionnel, situé dans un quartier récent, à une quinzaine de minutes à pied du centre historique. Un camp de base idéal.

Gravel surprise autour de Crni Kal

Le premier jour, nous avons laissé nos vélos de route au repos pour nous lancer sur une boucle gravel au départ du village de Crni Kal. Difficile de savoir à quoi nous attendre : le gravel peut être tout et son contraire, entre pistes blanches parfaites et singles escarpés.

Et qu’avons-nous eu? Un peu de tout. En 55 kilomètres, nous avons traversé une mosaïque de terrains, des routes agricoles aux sentiers forestiers, en passant par quelques portions plus techniques. Comme la veille, un détour de l’autre côté de la frontière nous a brièvement emmenés en Italie, cette fois du côté de Trieste.

Le contraste avec les Alpes Juliennes était total : chaleur écrasante, paysages méditerranéens et collines coiffées de villages aux toits de tuiles rouges.

Et comme une image vaut mille mots, voici une galerie de photos pour partager notre expérience:

La journée s’est terminée comme elle avait commencé : dans la bonne humeur. Pizzas à l’emporter au retour à l’hôtel, puis un repas plus raffiné le soir, servi sur un bateau amarré dans le port de plaisance. Un cadre parfait pour savourer l’ambiance estivale de Koper.

Le challenge de l’Istrie

Le lendemain, retour aux vélos de route pour une boucle joliment baptisée « Le challenge de l’Istrie ». Car même sans sommets alpins, cette région permet d’accumuler du dénivelé : ça monte, ça descend, puis ça recommence. De Koper à Piran et jusqu’à la frontière croate, nous avons enchaîné les bosses sous un soleil éclatant.

Tout ne s’est pas passé sans accroc : Javier a été victime d’une nouvelle crevaison qui nous a obligés à plusieurs arrêts improvisés. Pomper, repomper, tenter une chambre à air… jusqu’à ce qu’il monte un nouveau pneu grâce à un magasin providentiel à Lucija. Ouf !

La suite fut plus fluide : nous avons traversé l’arrière-pays, parsemé de vignes et d’oliveraies, avant de faire halte à Marezige. Les guides touristiques y parlent d’une fontaine à vin (!), mais nous sommes restés raisonnables. Nous avons commandé des Cockta, le « coca slovène » aromatisé aux herbes, qui allait devenir notre boisson fétiche du séjour.

Notre itinéraire sur komoot:

Une révélation méditerranéenne

Après ces deux journées intenses, il était déjà temps de reprendre la route. Cap sur notre troisième et dernière étape en Slovénie. Mais nous repartions avec une conviction : l’Istrie slovène est une belle révélation.

Idéale pour rouler au soleil dès le printemps, quand la météo reste capricieuse de notre côté des Alpes, cette région condense culture, histoire et ambiance méditerranéenne dans un petit territoire. De quoi donner envie d’y revenir… hors saison, avec plus de temps pour profiter aussi des terrasses… et découvrir cette fameuse fontaine à vin.

Alain Rumpf

Alain Rumpf

Cycliste passionné depuis plus de 35 ans, Alain Rumpf est bien connu sur les réseaux sociaux grâce à son compte « A Swiss with a Pulse » qui compte plus de 13’000 followers.

Dans une précédente vie, il a été coureur cycliste Elite et a travaillé 20 ans pour l’Union Cycliste Internationale. En 2014, il décide de quitter le confort d’un bureau pour devenir guide, photographe, rédacteur et consultant. Il collabore avec Suisse Tourisme, Haute Route, Scott, Apidura, Alpes Vaudoises, komoot, Vélo Magazine, le Tour des Stations et bien d’autres. Il dirige le site Switchback, un guide du vélo de route et du gravel dans les Alpes et au-delà. Découvrez tous ses articles sur cycliste.ch.