Un week-end prolongé et du soleil annoncé : il ne nous en fallait pas plus pour redémarrer la saison du bikepacking !
En effet, chaque année, nous attendons impatiemment les prévisions météorologiques du week-end pascal pour savoir à quelle sauce nous allons manger nos jours fériés. Eh bien, cette année, nos roues ont décidé de dévorer le bitume alsacien. Habitant à deux coups de pédales de la frontière, ou du moins à une bosse (mais pas des moindres, puisque c’est la plus grande de notre parcours), nous nous sommes décidés pour la route cyclable des vins. Sa situation nous a particulièrement séduits : assez proche pour partir de la maison, mais assez loin pour nous dépayser au milieu des vignobles.
La fraîcheur de ce début de mois d’avril ne nous incite pas à prendre la tente. On préfère voyager léger cette fois. En cette semaine de vacances, il nous faudra tout de même quelques heures pour trouver deux hôtels disponibles à des prix raisonnables et finalement définir nos étapes.
Nos gravels frétillent d’impatience de reprendre du service. On les équipe d’une sacoche de selle et d’une de cintre, et c’est parti ! On part sous la grisaille avant de retrouver rapidement le soleil du côté français. L’hiver laisse place au printemps et la nature se réveille gentiment. Les routes sont peu fréquentées et les petits villages alsaciens sont fleuris et décorés pour Pâques.
Le plaisir d’être toute la journée dehors, de faire tourner les jambes et de découvrir de nouvelles routes font de nous deux cyclistes bien heureux. Le GPS nous guide et notre seule difficulté, qui n’en est pas une, est de trouver une boulangerie où nous dégusterons un délicieux jambon-beurre.

Nous rejoignons aisément la route des vins, où nos kilomètres alternent entre maisons à colombages et vignobles nus. Certes, les paysages pourraient être encore plus beaux une fois feuillus, mais quelque chose nous fait dire qu’ici, en plein été, il doit faire très chaud et que ce doit être bien plus fréquenté.
Si on lève un peu les yeux de notre guidon, on aura même parfois la chance d’observer une ou plusieurs cigognes. Que ce soit dans le ciel ou dans leur nid, c’est toujours un honneur d’admirer leur présence.
En ayant un gravel, on profite d’emprunter quelques routes caillouteuses pour nous hisser au-dessus des vignes et des villages. Nos efforts sont récompensés : la vue dégagée est magnifique.

Pour ce retour en selle, les 130 km de notre première étape étaient un peu ambitieux. Nos arrière-trains peinent à trouver une once de confort sur la dernière heure. L’arrivée à Colmar est tardive mais fructueuse : à côté de notre motel, une brasserie artisanale. La fermeture se fait dans moins de 40 minutes. Le check-in attendra. 20h, du saucisson dans une main et une pression dans l’autre, on trinque à cette journée !
Le lendemain, plus petite étape : 100 km. La chance de la veille continue de nous sourire, le vent est de dos. Malgré les cinq premières minutes d’inconfort au niveau de l’assise, la journée débute bien. Un détour et une belle montée plus tard nous emmènent jusqu’à une boulangerie. En ce dimanche de Pâques, la file d’attente se fait longue pour venir chercher colombes et desserts pour toute la famille. On déguste un délicieux bretzel en contemplant les clients défiler. Puis les kilomètres s’enchaînent comme ils ont commencé : entre villages pittoresques et vignes. Cette deuxième journée est aussi gratifiante que la première et, en quelques tours de roues (voire un peu plus), nous voici à Strasbourg. Clap de fin de cette micro-aventure. Une tarte flambée et dodo.

Le retour est plus fastidieux et beaucoup moins fun. Jour férié oblige, le quai est bondé, autant de cyclistes que de voyageurs chargés de valises. Le train qui doit nous ramener à Bâle compte plusieurs emplacements vélo qui ne peuvent pas être réservés à l’avance. Un bien pour un mal. Les places sont rares et précieuses. Ça se joue des coudes et les codes de bienveillance semblent avoir disparu. C’est dans ces moments-là qu’on regrette le respect découvert en Corée du Sud ou au Japon…
Quelques sueurs froides et une altercation mouvementée plus tard, nous voilà à Bâle. Assez de train pour aujourd’hui, on profite de se dégourdir les jambes en rentrant à vélo jusqu’au Jura, des étoiles plein les yeux.
L’Itinéraire

Fiona & Bryan
Fiona et Bryan sont passionnés de voyage à vélo depuis 2019. Après un tour du monde et 19 pays visités, ils continuent de partager leur amour de l’aventure à deux roues, en images et en mots, ici, sur YouTube, Instagram et leur site : lebruitdugravier.ch.





