Bike to Work

L’histoire débute par une journée de juin sans nuages. Il fait 15°C degrés dans la petite ville de Renens et une légère brise murmure l’objectif de ce début de matinée : 63 km jusqu’à Meyrin.

04h45 : Le réveil sonne.
cerveau : debout, tout le monde !
tous : t’es malade ? il est 04h45 du MATIN !
cerveau : debout les cuisses, c’est un ordre – on doit tous être à Meyrin pour 07h15 ; j’ai une séance avec le patron à 08h00 !
estomac : eh la bouche… j’ai pas faim.
cuisses : bon l’estomac, si tu veux qu’on bosse les 2 prochaines heures, t’as intérêt à dire à Mme Bouche de faire preuve d’un peu d’esprit d’équipe…

05h15 : Le BMC se met en route équipé de tout le monde. De petites lueurs percent à l’est dans le ciel ; une belle journée s’annonce.
peau : heu les cuisses ? Il fait trop froid, rentrons donc et recouchons-nous…
cerveau : alerte subversion !!! Toi la peau de vache tu restes dans les rangs et tous les autres : objectif arrivée 07h15 à Meyrin et qu’ça saute !

05h32 : L’équipe traverse Morges : aucune voiture à l’horizon.

05h46 : Elle passe la zone industrielle d’Etoy – un calme fantomatique.

05h59 : Tout ce petit monde arrive en vue de Rolle.
yeux : Rock’n’Rolle !! mais regarde ce lever du soleil sur Rolle ; allez, va cerveau, dis-le aux autres !!
cerveau : gasp ! du soleil signifie davantage de chaleur. Courage à tous !
mollets : hé-hé-hé, nous, on bronze – chaise longue svp !
tous : taisez-vous et pédalez tous les deux.
cerveau (à lui-même) : maintenant que ça tourne tout seul, je vais me reposer un peu ; il y aura encore assez à faire dans la matinée…

06h06 : Un tracteur-broyeur descend d’un vignoble.
cerveau (sort de son apathie) : regardez tous, à droite, un tracteur qui arrive. On va se coller derrière lui pour profiter de l’aspiration.
cuisses : ho, ho, doucement, on se calme ; ça roule à 42 km/h et c’est encore nous qui nous prenons tout dans les dents.
estomac et bouche (en duo) : mais non, avec cette aspiration, ça va être tranquille et nous, on pourra se ravitailler un peu.
yeux : vous vous imaginez ce que ça nous coûte au niveau concentration, à 50 cm de cet engin et à cette vitesse ?!? Nous n’avons plus 20 ans !
cerveau (à lui-même) : hmmm… je pourrais faire un récit à Alain de cycliste.ch sur ces inadéquations dans mon Équipe et ensuite, j’imposerai un team-building.
cuisses : ça ralentit – attention tout le monde, risque d’absentéisme ! ; (et s’adressant au cerveau) : hé, ho… y a quelqu’un là-haut ?

06h12 : Au premier rond-point, le tracteur-broyeur ralentit jusqu’à 12 km/h puis accélère à nouveau à 42 km/h.
poumons : pouff, pouff, pouff.
bouche : arrrgh, hunh, hunh, hunh.
cuisses : un bonus ou on s’met en grève !

06h37 : A l’entrée de Versoix, le tracteur-broyeur quitte la route suisse.
cuisses : des vacances !

06h49 : La faim se fait sentir.
cuisses : eh la bouche et l’estomac, des calories svp ; on commence à manquer de jus. Arrêtons-nous chez le portugais pour quelques natas.

06h54 : Devant le portugais sur la rue de Lausanne.
yeux : c’est là ! Arrêtez de tourner en rond, Mesdames les cuisses.

06h56 : Départ de chez le portugais, passage par la gare de Cornavin, montées de Servette et du Bouchet, Balexert, route de Meyrin, puis finalement arrivée sur la route du Nant-d’Avril vers la destination finale.

07h15 : L’équipe arrive dans le parking souterrain de l’employeur.
cerveau : bravo à tous, ‘z avez bien joué l’jeu. On va s’rincer un coup puis vous pourrez vous reposer… ; c’est moi qui vais gérer le reste de la journée !

Martin Diener

Marty a débuté le cyclisme dans les années ‘70, sur route et sur piste avant de se tourner vers le triathlon en 2006.
Dans la vraie vie, il profite de sa famille et de son rôle de triple papy s’il n’est pas occupé par sa fonction de responsable finance d’une grande PME.
On l’aperçoit souvent sur la route suisse entre son lieu de travail à Meyrin et son domicile à Renens VD. Il est aussi un passionné des cols alpins et pyrénéens ainsi que des ultra-distancés ; sa devise est « La Liberté c’est rouler »

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