J’ai repeint mon vélo : retour d’expérience

Repeindre son vélo soi-même peut sembler réservé aux pros… ou aux ninjas du bricolage. En réalité, avec un peu de méthode, de patience et de passion, ce n’est ni une mission impossible ni une galère sans fin.

Avec Fabien, Nathalie s’est lancée dans la peinture maison pour offrir une seconde vie à son gravel marqué par les kilomètres. Elle partage ici son retour d’expérience, étape par étape, pour montrer que c’est faisable — et même fun.

Mon gravel avait vécu… Beaucoup. Des voyages, des vols en avion, de la poussière, de la boue, des kilomètres de bikepacking accumulés un peu partout et dans toutes les conditions. Le montage était toujours exactement comme je l’aimais, fiable, cohérent. Mais la peinture du cadre, elle, commençait à accuser le coup et à fatiguer…

Je n’étais pas prête à m’en séparer. Sa valeur n’était plus vraiment financière depuis longtemps. Alors l’idée a fini par germer : et si je le repeignais moi-même ?

Oser se lancer

J’y ai pensé plusieurs fois, sans jamais oser me lancer. Puis un jour, en rentrant de la Gravel Burn en Afrique du Sud ou mon p’tit vélo avait vraiment souffert, je me suis dit allez, vas-y, ça ne peut pas être pire !

Ni une ni deux, j’ai convaincu Fabien, mon mari, aka Mim’s et on s’est renseignés, on a regardé des tutos, et on a été demander conseil dans un magasin de peinture spécialisé. Pas à pas, on se rend compte que le projet est moins inaccessible qu’il n’y paraît.

En comptant large, il faut prévoir environ 200 francs de matériel pour bien faire les choses et quelques bonnes heures de travail (ainsi qu’une bonne dose de patience).

Tout démonter. Vraiment tout

Ce n’est pas compliqué, mais ça demande du temps, de l’ordre, et un peu de méthode. On démonte, on trie, on met les vis dans des petits sachets, on prend des photos si on a peur de ne pas se souvenir. On nettoie chaque pièce soigneusement, en se disant que le remontage n’en sera que plus satisfaisant. Et on regroupe tout ça dans une caisse séparée. 

En démontant, on redécouvre aussi les aventures du vélo : de la poussière du Karoo, de la boue turinoise, des traces de voyages encore bien accrochées…

Le ponçage: long mais indispensable

Ensuite vient la grande étape du ponçage. Celle qui prend du temps. Beaucoup de temps…
Un cadre carbone, ce sont plusieurs couches : apprêt, peinture, vernis. Et non, pas besoin d’aller jusqu’au carbone. L’idée, c’est surtout de créer une surface propre et légèrement rugueuse pour que la nouvelle peinture accroche.

À deux, on y a passé presque huit heures, à la main, dans tous les petits coins. C’est long, très long ! Et clairement pas la partie la plus satisfaisante du projet !

Préparer le cadre avant la peinture

Avant de peindre, tout est à nouveau dégraissé, nettoyé, le support doit être parfaitement propre.

J’avais pris le temps de commander mes stickers personnalisés, dans la couleur et la taille que je voulais. Astuce importante : prendre des photos du vélo avant, pour savoir exactement où replacer les logos, ça aide 😉

Le choix du matériel et de la couleur

Pour la peinture, on a choisi le spray. Faute de pistolet, mais aussi par simplicité. Il faut un endroit propre, le moins de poussière possible, et surtout tout protéger. La peinture est très volatile. Sol, murs, plafond : tout y passe. Combinaison, gants, masque, et une bonne lumière sont essentiels ensuite !

J’ai choisi de l’accrocher au plafond avec des fils métalliques et de le maintenir au sol avec un poids (pour qu’il ne bouge pas trop). Et n’oubliez pas de protéger tous les petits pas de vis sur le cadre, sinon ce sera galère au remontage 😉

On a peint dans le garage, en plein hiver. Le jardin aurait été plus agréable pour les odeurs, mais la peinture n’aime pas le froid… ni les insectes.

J’ai longtemps cherché la couleur, ce n’est pas facile quand on peut repartir d’une page blanche. Je suis finalement arrivée avec un code précis : Aventurine Green, une teinte de carrosserie Porsche, rien que ça 😉 Avec un code ou un échantillon, tout est possible dans un bon magasin de peinture, et c’est assez grisant de pouvoir vraiment choisir sa couleur.

Apprêt, couleur, vernis : étape par étape

C’est le moment d’attaquer ! L’apprêt, la couleur, les stickers, le vernis… Il faut être patient, régulier, faire confiance au geste, ne pas paniquer inutilement. Et accepter aussi que tout ne soit pas parfait… 

Dans mon cas, le vélo avait déjà tellement de marques que quelques micro-irrégularités n’auraient pas été un drame, ça fera son charme !

Concrètement, l’application des couches est assez simple et prend finalement peu de temps. On commence par une ou deux couches fines d’apprêt, en laissant environ 20 à 30 minutes entre chaque. Viennent ensuite deux à trois couches de couleur, espacées de 10 à 15 minutes.

Les stickers se posent une fois la couleur bien sèche (idéalement après 24 heures), puis on termine par deux à trois couches de vernis. L’important n’est pas d’aller vite, mais d’être régulier, patient, et de laisser le temps faire son travail. Avant de tout remonter, mieux vaut attendre au moins une semaine de séchage complet. En effet, ça demande encore une fois un peu de patience 😉

Le remontage, la récompense finale

Après une semaine de séchage, vient le moment que j’attendais le plus : le remontage.
Des pièces propres, un cadre tout neuf, un vélo qui reprend forme. Et cette sensation très particulière de pouvoir rouler sur quelque chose qu’on a façonné soi-même – c’est mega satisfaisant ! 

Lancez-vous!

Bien sûr, il existe des professionnels qui font un travail incroyable et des effets bien plus stylés. Dans mon cas, ce projet n’était pas une question de résultat parfait, mais surtout l’envie de mettre les mains dans le cambouis et de prolonger l’histoire de mon p’tit vélo à ma manière.

Aujourd’hui, mon gravel a une nouvelle peau. Je suis ravie du résultat, fière d’avoir osé me lancer (avec le soutien de Mim’s – le travail d’équipe, toujours 😉 ), et surtout très impatiente de l’emmener se salir à nouveau. Parce qu’un vélo repeint, c’est bien. Un vélo repeint qui repart à l’aventure, c’est encore mieux.

Bref… si vous hésitez à vous lancer : n’hésitez plus 🙂 

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Nathalie Monnier

Nathalie Monnier est une Valaisanne hyperactive et passionnée, toujours en quête de nouveaux défis à vélo. Que ce soit sur route, en gravel ou en bikepacking, elle aime explorer chaque col, chaque sentier, et surtout éviter les routes trop fréquentées. Avec Fabien, son mari et meilleur partenaire de ride, ils forment les Mim’s, un duo inséparable sur deux roues, toujours prêt pour une nouvelle aventure ou un nouveau challenge !

Co-fondatrice de la communauté féminine PSWCC, Nathalie s’investit pour rendre le cyclisme plus inclusif et inspirer d’autres femmes à rouler au travers de rides et de divers évènements. Directrice de course sur la Gaaalps et la Race Across Switzerland, elle met sa passion et son expertise au service d’événements d’ultra-distance qui collent à ses valeurs d’exploration, de dépassement de soi et d’authenticité.

Il y a de fortes chances que vous la croisiez sur une des nombreuses petites routes valaisannes ! Suivez ses magnifiques aventures sur Instagram.