C’est quoi vieillir ?

Photo Val

La quinqua sent bien qu’avec la soixantaine approchante, elle a la niaque en baisse par rapport à 4-5 ans en arrière. Mais elle relativise : quand elle se compare à ses amies du même âge, elle constate avec une certaine fierté la forme qu’elle a su conserver grâce au sport et à son hygiène de vie. Certes, le contrôle de son poids est moins facile. Et la motivation pour les sorties de 5-6 heures n’est plus au rendez-vous. Même la marche ou la peau de phoque ne savent plus la faire sortir de sa zone de confort… alors qu’elle connaît le bienfait de ces pratiques sportives, tant physiquement que moralement.

Par contre, elle s’est mise au yoga, au Pilates ; même à la méditation. Et elle découvre là des similitudes avec des états mentaux dans lesquels le vélo peut l’amener. Avec le yoga, tout en pratiquant les enchaînements de postures guidée par le prof, la quinca prend conscience des douleurs musculaires dans les cuisses engendrées par les excès à l’entrainement. Elle prend également conscience qu’avec la pratique régulière, elle s’assouplit, malgré l’âge ! et donc récupère d’autant mieux et rapidement de ses sorties.

Et elle sait aussi, par les conversations avec des cyclistes de son entourage dans la soixantaine, qu’ils ne pensent plus uniquement à leurs performances sportives – watts, puls’, vitesse moyenne, distance, etc. – lorsqu’ils font leur sortie d’entraînement. La tête se met forcément à gamberger : sur leur état physique et les objectifs à atteindre ; sur le sens de leur activité professionnelle et leur avenir ; sur leurs relations de couple et amicales ; sur l’environnement politique actuel, lequel impacte forcément le quotidien (p.ex. les manif’ pour le climat). Donc l’arrivée de la soixantaine, qu’on soit homme ou femme, est un passage à franchir et à admettre pour qu’il soit vécu sereinement.

Et là, avec le printemps qui pointe le bout de son nez, les températures qui remontent, elle s’est remise en selle et retrouve les sensations d’il y a trois mois. En fait, elle a passé novembre, décembre et janvier à mouronner sur l’âge qui se faisait sentir, à se poser bien trop de questions sur le sens de sa pratique sportive – pourquoi encore se mettre dans le rouge à son âge ? -, la suite de sa carrière professionnelle ou une retraite anticipée, son rôle dans son contexte familial, ses relations amicales. Bref, elle s’est prise la tête avec des questions d’ordre existentiel pendant trois mois. Et là, elle sent que c’est reparti pour une magnifique saison et qu’elle peut « lâcher les chevaux » !

Son environnement familial, amical et professionnel est solide, ses aptitudes physiques toujours là et son plaisir à partir à la découverte de paysages la mettent en joie.

Elle a la réponse à sa question : vieillir c’est sentir les modifications physiques dues aux années. Mais c’est surtout garder un esprit positif et adapter ses entrainements à ses capacités, sans recherche de performances et en ayant le bonheur comme mot d’ordre !

Vas-y Mamy, roule !

Valérie B. – La quinqua à vélo

Née dans les années 60, c’est à l’âge de 40 ans que Valérie découvre les plaisirs que lui procurent le vélo à l’air libre : les odeurs des fleurs et des arbres au printemps, le chant des oiseaux, les méandres d’un cours d’eau et la beauté des paysages qu’elle traverse. Mais pour cela, il faut une condition : c’est qu’il fasse plus de 12°C, autrement ce sera du spinning en salle ! Eh oui, parce que pour Valérie, ce qui compte, c’est de prendre du plaisir et de se maintenir en bonne forme, pas question de se mettre dans le rouge et de comparer ses performances. Responsable RH d’un service dans une administration publique, c’est sur les routes des régions de Montreux et Sion que cette quinqua évacue les situations conflictuelles auxquelles elle est confrontée au quotidien. Sa vision du vélo étant partagée par grand nombre de la communauté cycliste.chvous ne manquerez pas de vous retrouver dans ses billets d’humeur.