Les sorties en couple de la quinqua

Son homme, c’est le meilleur ! … sauf dans certaines sorties…

OK, elle est de nature bileuse mais elle gère. Au début de la cinquantaine, elle s’inscrivait encore à des cyclos qu’elle finissait ; à des patrouilles qu’elle terminait. Certes, dans le dernier tiers de sa catégorie, mais la joie au cœur et la fierté d’avoir accompli un exploit, exploit qui la portait dans son quotidien pour un bon bout de temps. Rétrospectivement, avoir fait la HR Chamonix-Zermatt en été avec 2 amies pour leurs 50 ans lui donne encore de l’énergie et confiance en soi. Même dix ans après : « j’ai été capable de faire ça, c’est pas cet épisode difficile qui va me mettre au tapis ». Et elle avance, s’appuyant sur ses valeurs pour se relever : elle a la bienveillance et la persévérance comme mantra et s’éloigne de connaissances qui ont la rivalité, la jalousie et les lamentations comme automatisme de pensée. C’est dire qu’à la cinquantaine finissante, elle se connaît, connaît son corps, connaît son environnement et se sent de plus en plus confirmée dans ses certitudes.

Alors quand elle enchaîne des sorties avec son homme et qu’elle l’entend la coacher comme une môme de 3 ½ ans, elle coule une bielle ! Pétée de plombs qui peut l’amener à le planter là et à faire demi-tour !

Par exemple, lorsqu’il la suit : « Change de plateau ! » « Enlève/mets une dent ! ». Comme si elle n’y avait pas pensé et n’était pas en train d’actionner les manettes. C’est vrai que son homme à l’œil vif !

Et que dire lorsqu’elle se réjouit de la sortie qu’il a préparée et dont il lui a partagé le parcours et que, une fois en route, il rallonge la boucle… ou que la virée dans les vignobles compte une montée à 17 %, mais juste sur 100 m… Elle râle et s’entend dire : « j’sais que t’es capable de l’faire ! », alors qu’elle souffle comme un bœuf, qu’elle est au bout de sa vie. Dans ces moments précis, elle a un fantasme de rage : balancer son vélo sur le bas-côté et sauter sur la roue avant, juste pour entendre le bruit des cales sur les rayons qui se brisent !!

Mais ce qui la fait le plus réagir, c’est lorsqu’il se compare à d’autres potes de sorties et la fait culpabiliser : « Si c’était Untel qui avait préparé le parcours, tu suivrais sans rien dire » ; « Tu ne me fais pas confiance, tu remets toujours tout en question » ; « Ouais, j’t’ai vu aller avec Truc, t’es capable de tirer à 40 et avec moi tu râles déjà à 30 » ! etc…..

No comment. « Arrête là mon homme ! Je suis cash tout simplement, J’t’dis tout ». Si un autre la sort de sa zone de confort et qu’elle arrive à le suivre, c’est que qu’elle en a encore sous la pédale. Sinon, elle lâche. Mais les habitudes de couple s’installent après plus de 15 ans de vie commune. C’est une évidence. Ils en sont arrivés à une telle connaissance l’un de l’autre que le rythme de chaque sortie se remet en place automatiquement, lui devant, elle dans sa roue. Sans rivalité. Sans soumission ni abnégation non plus.

Est-ce pour cette raison qu’on voit si peu de couples à vélo ? Les gens normaux n’osent pas parler tandis que ces deux-là vivent sans langue de bois ?

Bon, trêve de psy à 2 balles la quinqua. Vas-y, roule and enjoy !!!

Valérie B. – La quinqua à vélo

Née dans les années 60, c’est à l’âge de 40 ans que Valérie découvre les plaisirs que lui procurent le vélo à l’air libre : les odeurs des fleurs et des arbres au printemps, le chant des oiseaux, les méandres d’un cours d’eau et la beauté des paysages qu’elle traverse. Mais pour cela, il faut une condition : c’est qu’il fasse plus de 12°C, autrement ce sera du spinning en salle ! Eh oui, parce que pour Valérie, ce qui compte, c’est de prendre du plaisir et de se maintenir en bonne forme, pas question de se mettre dans le rouge et de comparer ses performances. Responsable RH d’un service dans une administration publique, c’est sur les routes des régions de Montreux et Sion que cette quinqua évacue les situations conflictuelles auxquelles elle est confrontée au quotidien. Sa vision du vélo étant partagée par grand nombre de la communauté cycliste.chvous ne manquerez pas de vous retrouver dans ses billets d’humeur.