Quelle longueur de manivelles adopter ?

© Velo Perfection - Genève

Un vélo, au-delà de la marque, du modèle, du matériau et de la taille de cadre, comprend un grand nombre de composants personnalisables : selle, cintre, système de pédale, potence, pour n’en citer que quelques-uns.

Parmi ces différents périphériques, les manivelles – et surtout le choix de leur longueur – reviennent régulièrement dans les discussions. Dans quelle mesure ce paramètre est-il crucial ? De quoi faut-il tenir compte lors du choix de la longueur de ses manivelles ? Quand fait-il sens de se pencher attentivement sur ce point ? Nous vous proposons un survol de quelques points intéressants dans la définition de la longueur appropriée de manivelles en fonction de vos caractéristiques physiques, de votre pratique et de votre historique sportif ainsi que le retour sur quelques idées reçues concernant le sujet.

Tout d’abord, le choix de la longueur de manivelles va dépendre de la morphologie du cycliste et de son ratio longueur de jambe/taille totale. Un choix de manivelles allant de 170mm à 180mm permet de trouver la longueur adéquate pour la plupart des morphologies rencontrées. Une formule parfois utilisée pour la définition de la longueur des manivelles consiste à multiplier la hauteur d’entrejambe par 0.216. Cela peut donner une indication théorique mais qu’il est important de mettre en relation avec des paramètres biomécaniques (flexibilité du cycliste, aérodynamisme de la position) et matériels (longueurs de manivelles disponibles chez les différents constructeurs par exemple).

Dans le choix de la longueur des manivelles, l’aspect biomécanique nous paraît le plus intéressant, notamment parce que ce choix à un impact au niveau de l’ouverture de l’angle de la hanche. Deux exemples illustrent bien ce paramètre dans le cas où il y a intérêt à ne pas trop « fermer » ou contraindre cette articulation importante dans la dynamique du pédalage: la recherche d’une position agressive au niveau aérodynamique et un conflit de hanche (douleurs au niveau de l’articulation).

En effet, dans ces deux cas de figure, on peut trouver un avantage à se tourner vers des manivelles courtes – 170mm voire 165mm – afin d’ouvrir le plus possible le segment bas de l’angle de la hanche matérialisé par le fémur. Cela permet de décharger les tensions sur l’articulation en question en permettant une flexion (fermeture) moins importante à chaque coup de pédale.

En terme de pédalage d’ailleurs, on a longtemps entendu que des manivelles plus longues permettaient d’être plus puissant. Or cette logique a maintenant été démontrée comme erronée grâce à des études ayant testé des protocoles de mesure de puissance avec des manivelles allant de 160mm à 190mm sans constat de gain ou perte de puissance entre les différentes longueurs sur toutes les durées d’effort au-delà de 20 secondes. Par conséquent la longueur des manivelles n’est pas un paramètre influant sur la puissance du cycliste, celle-ci étant intrinsèque aux capacités de l’individu.

On peut ajouter un point important si vous roulez sur plusieurs vélos et particulièrement sur des types de vélos différents (route et VTT, par exemple) qui ne sont pas équipés avec des manivelles de longueurs identiques ; adaptez votre hauteur de selle en conséquence afin de conserver la même extension de jambe. Si, par exemple, votre hauteur de selle est de 75.0 cm entre la selle et l’axe du pédalier avec des manivelles de 175mm, celle-ci devra être adaptée à 75,25 cm avec des manivelles de 172.5mm.

Pour conclure, la longueur des manivelles doit être définie en fonction de la morphologie du cycliste et de paramètres biomécaniques liés à la flexion de la hanche avant tout. Et le choix peut rester confiné la plupart du temps sur des longueurs allant de 170mm à 175mm. Nous reviendrons dans un prochain article sur le rôle de la cadence de pédalage et du choix du bon braquet dans lequel la longueur des manivelles joue également.

Guillaume Bourgeois – Vélo Perfection

Fondateur de Velo Perfection, une entreprise spécialisée dans l’optimisation de la performance à Aubonne et Genève, Guillaume Bourgeois s’occupe des études posturales de plusieurs cyclistes romands dont certains professionnels. Il est spécialisé dans les études posturales, les plans d’entrainement et le suivi d’athlète.-> Voir tous ses articles

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