Entre Alpes et Léman: quatre jours avec Borne Cycling

Un très grand tour du Léman, version quatre jours. Des cols connus, d’autres plus discrets, et un groupe de femmes réunies pour rouler loin, longtemps, ensemble.

Dans cet article, Paul Munn, fondateur de Borne Cycling, raconte cette aventure de l’intérieur. Au-delà du tracé et des chiffres, il est question d’énergie collective, de doutes apprivoisés et de cette forme de joie qui apparaît quand le défi devient partagé.

Ceux qui savent, savent. Pour ce groupe de cyclistes, la barre Raw Bite pomme-cannelle n’était pas un simple en-cas : elle est devenue l’ultime plaisanterie interne et le carburant officieux d’un périple de quatre jours, de centaines de kilomètres et de souvenirs partagés pour la vie.

Il s’agissait d’une mission « par les femmes, pour les femmes » : une odyssée de quatre jours autour de l’emblématique Lac Léman. L’objectif n’était pas seulement d’enchaîner les kilomètres, mais de créer un espace bienveillant, presque familial, où chaque cycliste pouvait affronter ses défis, surmonter ses peurs et, inévitablement, verser quelques larmes de joie – de la joie pure, bien sûr.

Jour 1 : Le départ parfait – De Genève à Samoëns

Le groupe s’est élancé sous un ciel qui semblait valider leur phrase la plus répétée de la semaine : « On a de la chance avec la météo. » Chaque journée promettait un nouveau profil, un nouveau paysage et son lot d’obstacles.

En quittant Genève par la Vallée Verte, les cyclistes ont rapidement trouvé leur rythme. L’ascension de Saxel a offert des pentes douces à 5 %, une introduction polie aux efforts plus intenses à venir. Elles ont terminé la journée au pied de la « Grande Borne », où le panneau indiquant le début du Joux Plane trônait comme un rappel silencieux de la concentration nécessaire pour le lendemain matin.

Jour 2 : Grimpe, café et Col du Corbier

Le deuxième jour a sonné comme un véritable réveil. Après une décision collective de s’échauffer par 15 minutes de plat, le groupe a attaqué les pentes à 8-9 % du Col de Joux Plane. La récompense ? Un café fumant au sommet et la satisfaction d’avoir coché un objectif majeur dès le matin.

Le Col du Corbier a servi de plat du jour. Bien que deux fois moins long que le Joux Plane, la route ne leur a fait aucun cadeau. Les participantes ont repris des forces avec les incroyables wraps préparés par l’équipe d’assistance au sommet, avant qu’un vent arrière favorable ne les pousse à travers Abondance vers Châtel, menant au dernier défi : le Pas de Morgins. Lorsqu’elles ont atteint la descente « interminable » vers Monthey pour rouler jusqu’à Aigle, la chaleur et l’effort avaient laissé des traces. La demande de massages était unanime. Elles venaient de conquérir l’étape reine.

Jour 3 : Lacs, Lavaux et jambes d’acier

Le troisième jour était placé sous le signe de la contemplation. Les cyclistes ont troqué les montagnes escarpées pour les eaux scintillantes de la partie nord-est du lac Léman. Après 30 km de plat en passant par Vevey, elles ont quitté la route principale pour découvrir un pourcentage que personne n’attendait : 18 % sur des pavés.

« Non, ce n’est pas possible ! », tel était le sentiment général.

Mais la région de Lavaux exige un prix pour sa beauté. Entre les montées à couper le souffle et les vues imprenables sur le lac, le groupe a navigué sur le terrain avec cran. Après une pause déjeuner à l’Abbaye de Montheron, elles ont affronté le Col du Mollendruz. Ce n’était pas le col le plus raide de la semaine, mais la chaleur de l’après-midi et l’asphalte rectiligne en ont fait une bataille mentale. Le prix ultime ? Une descente salvatrice pour une baignade festive dans le Lac de Joux.

Jour 4 : La sortie de célébration

La dernière journée a été conçue pour la réflexion et la célébration. Les principaux cols étant derrière elles (le Col de la Faucille étant ici une descente plutôt qu’une montée), les cyclistes ont utilisé leur énergie restante pour rouler ensemble vers l’arrivée.

Retourner à Genève signifiait retrouver la chaleur de la ville, mais le groupe a d’abord savouré les 9,7 km de descente vers Gex. C’était de la « poésie en mouvement » – fluide, rapide, et un rappel vibrant de leur passion pour le vélo. Le voyage s’est achevé par des verres de célébration au Reposoir, où la canicule urbaine a été oubliée au profit de la chaleur des liens créés.

Réflexions et adieux

En quatre jours, ce groupe de cyclistes s’est transformé en famille. Elles ont partagé des émotions, surmonté des peurs individuelles et prouvé que lorsque les femmes roulent ensemble, elles créent quelque chose de vraiment puissant. Alors que les vélos sont nettoyés et les maillots lavés, la « joie pure » de ce tour du Lac Léman reste intacte. Ce n’était pas seulement une randonnée ; c’était la première étape de quelque chose de grand.

Nous organisons un nouveau séjour 100 % féminin fin mai, direction le Mont Ventoux.

Au programme : 5 jours de selle pour gravir le Géant de Provence par ses deux versants mythiques, Bédoin et Malaucène, mais aussi pour explorer les magnifiques Gorges de la Nesque et parcourir les routes pittoresques de l’arrière-pays.

Basées dans un hôtel spa 3 étoiles à Malaucène, nous aurons le privilège de rouler sur les routes du Tour de France Femmes avant même le passage des professionnelles cet été.

Il reste encore quelques places disponibles ! Si l’aventure vous tente (ou si vous connaissez une cycliste que cela pourrait intéresser), découvrez tous les détails du séjour ici ou contactez-nous à ride@bornecycling.com.

Paul Munn portrait

Paul Munn

Paul s’est mis au vélo peu de temps après avoir déménagé du Royaume-Uni à Genève en 2006. Il est tombé lors de sa première sortie (attention, les voies de tramway du centre-ville ne sont pas vos amies).

Il a rapidement progressé, passant de courtes balades dans les vignobles de Satigny à des balades de plus en plus longues jusqu’au Cyclotour du Léman en 2008. Piqué par le virus du vélo, il a commencé à organiser des sorties pour ses amis, explorant chaque année de plus en plus loin les Alpes françaises, italiennes et suisses.

Paul partage désormais son temps entre les entreprises de tourisme à vélo Borne Cycling (www.bornecycling.com) et Brevet (www.brevet.cc), tout en roulant autant que possible en gravel et sur la route.

Vous pouvez retrouver Paul sur Instagram (@borne_cycling) et sur bluesky à @borne-cycling.bsky.social.