4’700 mD+ au Tour des Stations : comment je me suis préparée à ce qui me semblait impossible

Après plusieurs participations réussies au Mediofondo du Tour des Stations, Katia décide cette fois de passer au Granfondo. Une aventure qui lui apprend beaucoup sur l’importance de la préparation, la gestion de l’effort, mais aussi sur elle-même et sur ce qu’il faut pour se lancer dans un défi qu’elle n’avait encore jamais envisagé sérieusement.

J’avais déjà écrit un article sur le Tour des Stations lors de ma première participation en 2022, une édition que j’avais bien failli abandonner. Depuis, bien des kilomètres se sont écoulés sous mes pédales !

J’ai d’ailleurs participé au Mediofondo du Tour des Stations à plusieurs reprises depuis lors et, l’année dernière, à l’issue d’une édition où je me sentais en pleine forme, quelle idée m’a prise de penser à m’inscrire au Marmotte Granfondo pour 2026 ! Ma copine Cynthia, à qui j’ai lancé cette splendide idée, l’a tout de suite prise au vol et voilà qu’à peine les inscriptions ouvertes, nous nous inscrivons au Marmotte Granfondo.

Se préparer pour passer un cap

Pour y arriver, j’ai pris les choses au sérieux et ai travaillé avec Cédric de Swiss Bike Training sur un plan d’entraînement digne des pros, que j’ai débuté en janvier, après les vacances de Noël. Par chance, nous avons eu un hiver doux et sec, ce qui m’a permis de beaucoup rouler en extérieur, ma principale source de motivation car, à l’intérieur, je n’y arrive pas.

Avec l’arrivée des beaux jours, j’ai commencé à faire du dénivelé, notamment sur nos cols locaux du Mollendruz et du Marchairuz. J’ai également profité de passer l’été en Suisse pour grimper d’autres cols plus difficiles et faire de longues sorties à plus de 2’000 m de dénivelé, encore loin des 4’700 m du Marmotte.

Il y a eu des moments difficiles qui m’ont fait douter de mes capacités à réussir ce Granfondo. À chaque fois, ces difficultés avaient une raison : la chaleur, la vitesse, car j’ai tendance à vouloir aller trop vite, le manque d’alimentation, etc. Avec les bons conseils de Cédric, chaque sortie se passait de mieux en mieux.

Et puis, une raison de plus pour ne pas renoncer : Cynthia comptait sur moi. Nous étions les deux seules Morges Bike Ladies à nous être lancées dans ce défi du Granfondo.

Finalement, plus le jour J approchait, plus je me sentais prête, mentalement et physiquement. Le seul doute qui subsistait était de savoir si mon corps allait bien répondre… je n’ai plus 20 ans !

Jour J : sans repères, il faut écouter son corps

Sur la ligne de départ, l’émotion était très grande. Avec la musique et le discours motivationnel du speaker, on en oublie presque que l’on va souffrir durant plusieurs heures.

Une fois le départ lancé, premier coup de stress : mon Garmin ne détectait pas ma ceinture pour la fréquence cardiaque, que je voulais suivre de près pour ne pas monter trop haut dans les pulses et m’épuiser. Heureusement, j’avais ma montre et ai donc pu veiller à bien respecter les conseils de Cédric : rester en zone 2 au début, puis faire les montées en zone 3, voire 4.

Les deux premières montées se sont très bien déroulées. J’ai respecté mes zones et ai mangé toutes les 30 minutes, comme recommandé. C’est dans la montée de Thyon 2000 que cela s’est compliqué : ma montre s’était éteinte et je n’avais donc plus d’indication sur les pulses.

Mes habitudes ont repris le dessus, notamment celle de vouloir aller trop vite dès que les pentes sont plus raides, et je l’ai payé car j’étais vraiment dans le dur. Je me suis donc arrêtée un petit moment, ai mangé quelque chose, puis suis repartie pour finalement arriver au sommet et déguster les pâtes tant attendues.

Pour la suite du parcours, comme je n’avais plus de compteur, j’y suis allée aux sensations et je dois dire qu’elles étaient plutôt bonnes. J’ai réussi à garder mon calme et à ralentir dès que la pente se faisait plus raide, pour ne pas être « au bout de ma vie ».

En plus, je savais déjà ce qui m’attendait, puisqu’après la descente depuis Thyon, on remonte vers Nendaz depuis Veysonnaz, par la même route que le Mediofondo. Bonne nouvelle : on ne redescend pas jusqu’en plaine pour tout remonter, ouf ! Ensuite, il ne reste plus que la forêt verte et le Col de la Croix de Cœur.

Là, je me suis dit : « Ça y est, tu vas y arriver ! » et j’ai vraiment profité de chaque instant. Je ne savais ni l’heure, ni les kilomètres parcourus ou restant à parcourir, ni le dénivelé, mais je voyais plein d’autres cyclistes, donc je n’étais pas encore hors délai. Effectivement, je suis arrivée à 18 h 30, bien avant le délai de 20 h 30. Quelle émotion en franchissant la ligne d’arrivée ! J’avais atteint cet objectif pour lequel je m’étais tant entraînée !

À d’autres femmes maintenant d’essayer

Encore maintenant, quand j’y repense, je n’en reviens toujours pas d’avoir réussi. Et le but de cet article est justement de motiver les femmes à oser. Si elles sont de plus en plus nombreuses sur la distance du Mediofondo, il n’en va pas de même pour le Marmotte, et encore moins pour les autres distances.

Vous en êtes toutes capables ! Certes, il faut de l’entraînement, mais vous pouvez le faire !

Katia Chianelli

Le vélo a toujours fait partie de la vie de Katia. Petite déjà, elle enfourchait son vélo pour partir sur les chemins de traverse et rouler juste pour le plaisir. Après, le vélomoteur, puis la voiture, la famille, et le travail lui ont fait délaisser le vélo pendant une période. Mais l’amour était si fort qu’il fallait bien qu’elle s’y remette. Au début, c’était juste pour les balades en famille au bord du lac. Puis elle a commencé à aller au travail à vélo. Ensuite, elle s’est acheté un VTT et s’est inscrite au Vélo Club d’Echallens. Elle y a appris la technique à VTT et découvert le bonheur d’être sur des chemins forestiers. Enfin, à force de faire la route pour se rendre au travail, elle a acquis un vélo de course, avec lequel elle a également découvert le plaisir de la route. Mais rouler seule, c’est ennuyeux alors elle a créé le groupe Morges Bike Ladies sur Strava avec le soutien de Fast And Female. Les sorties de Morges Bike Ladies ont lieu chaque dernier dimanche du mois et se terminent toujours par un moment sympa dans un petit bistrot ou tea-room du coin.