Retour sur la Haute Route Ventoux avec Geoffrey Lucat

Haute Route Ventoux

Disputée début octobre dans des conditions météo dantesques, la Haute Route Ventoux fut l’une des rares épreuves cyclosportives à se dérouler durant cette saison 2020 singulière.  Vainqueur de nombreuses cyclos ces dernières années parmi lesquelles la Forestière, la Vaujany, la Cyclo des Vins du Valais et Chasing Cancellara Villars, le sympathique membre du Team Vélosophe Geoffrey Lucat revient sur sa participation à cet événement.

Geoffrey, peux-tu te présenter à la communauté cycliste.ch?

Bien sûr! J’habite à côté de Bellegarde en France voisine. J’ai fêté mes 30 ans le 12 novembre et je fais du vélo depuis 10 ans. Pendant les 4 premières années j’ai fait environ 4’000km par an puis je me suis davantage investi car ça me bottait vraiment. Les résultats sont venus et je suis monté jusqu’en catégorie Elite en France. J’y ai passé 4 ans, de 2015 à 2018. C’était un peu compliqué, j’étais dans une petite équipe et je ne voulais pas évoluer en Division Nationale car j’étais bien occupé avec ma famille et ma maison.

A la fin je me suis orienté vers les cyclosportives. J’ai tout de suite bien marché: la première année, j’ai remporté le Challenge DT Swiss, championnat de France des cyclos. J’ai gagné 8 épreuves cette année-là. En parallèle, le Team Vélosophe de Damien Bisetti s’est approché de moi et on s’est tout de suite bien entendu. C’est un team qui performe bien avec une bonne ambiance et une belle image.

Comment te définis-tu? Es-tu un grimpeur?

Je ne suis pas un pur grimpeur. Je fais environ 15’000km par saison, j’arrive donc à bien m’entraîner en conciliant cela avec ma vie de famille et mon travail. Mais il est vrai que, sur les granfondos avec beaucoup de dénivelé comme la Marmotte Alpes, je suis un peu court par rapport aux purs cyclos qui approchent les 25 ou 30’000 km par an. Je suis dans le coup dans les premières bosses mais à chaque fois j’explose dans le dernier col. Pour moi c’est trop long, je me définis plus comme un puncheur grimpeur, je suis au top sur 130km et 3000m de dénivelé. Je suis bon sur des bosses de 10km, c’est ce que je trouve dans le Jura où j’habite.

Venons-en à la Haute Route. Est-ce que tu avais déjà participé à un événement avant la Haute Route Ventoux?

Non, je n’avais jamais trouvé le temps de faire une épreuve de 7, voire même de 3 jours. Avec la famille et les enfants, c’est compliqué de m’organiser. Pourtant j’avais toujours eu super envie de participer, surtout au Ventoux. Comme cette année a été un peu moins chargée, qu’il y a eu moins de courses, l’opportunité était trop belle. Je suis très heureux d’avoir pu la faire.

Geoffrey Lucat au départ de la Haute Route Ventoux
Geoffrey Lucat au départ de la Haute Route Ventoux

Comment ça s’est passé?

L’accueil était vraiment super. On voit que l’organisation est bien rodée, le village des exposants est top, il y a de beaux goodies, on est tout de suite bien pris en charge. Le briefing la veille est excellent avec un speaker au top. Pour ce qui concerne la course, on n’a pas eu de chance le premier jour: il y avait énormément de vent, de la pluie. C’était la tempête! Pour moi cela s’est bien passé, j’ai réussi à prendre la bonne échappée et on s’est disputé la victoire à 3. Au final je termine troisième parce que j’étais cuit mais c’était quand même cool (rires).

Quel était le parcours?

L’arrivée était prévue au sommet du Ventoux depuis Sault, sur un parcours vallonné avec le Col de l’Homme Mort, ce qui me convenait bien avec 130km et 3500m de dénivelé. Le matin, l’organisation a annoncé que l’étape se terminerait au Chalet Reynard à cause de la météo. Pendant la course, ils ont même dû arrêter une grande partie du peloton au Col de l’Homme Mort tellement c’était le déluge. Seuls les 25 premiers sont allés jusqu’au Chalet Reynard et ont été classés selon leur temps effectif. 

Le deuxième jour, la météo s’annonçait un peu meilleure mais on nous a informé au départ que cette fois encore il faudrait s’arrêter avant le sommet (on montait depuis Malaucène). Au bout de 25 kilomètres, alors que je roulais en tête avec un groupe d’une quinzaine de concurrents, j’ai crevé. Malheureusement, il n’y avait pas de véhicule de dépannage neutre derrière le groupe de tête. Il a fini par arriver et je suis reparti loin derrière mais j’ai encore crevé 20 kilomètres plus loin. J’ai fini dans la voiture balai… J’aurais pu repartir le dernier jour mais j’étais si déçu que cela ne m’intéressait pas. Je m’étais tellement investi dans ma préparation.

Quel dommage… Quelle était la participation?

Il devait y  avoir 160 à 180 coureurs au départ, avec beaucoup d’étrangers compte tenu des restrictions de voyages dues au covid. C’est là que j’ai vu la dimension de la Haute Route, dans les autres cyclos la participation est avant tout locale, nationale. Là, je me suis senti dans une compétition internationale avec des Luxembourgeois, des Italiens, des Espagnols… Malgré ma mésaventure, j’ai vu que c’est une organisation qui tient la route. Le premier jour, j’ai crevé juste avant le départ (réd: décidement!) et j’ai été dépanné en deux minutes par le service neutre. C’était vraiment impressionnant. Le speaker Fergus met une ambiance exceptionnelle, tout est super. J’ai eu un massage à l’arrivée, on voit que c’est un événement qui est rodé. Je n’ai simplement pas eu de chance…

Parlons du Ventoux. Quelle est l’expérience de rouler dans cette région?

Je la connais bien et je l’adore. Le coin est exceptionnel, c’est vallonné, les petits cols tout autour sont magnifiques, c’est le paradis du vélo!  A l’entraînement on s’y sent en sécurité, les automobilistes ont l’habitude de voir des cyclistes sur la route, ils sont sympas. 

Quant au Ventoux, le paysage au sommet, tout blanc, est mystique quand on sort des bois (réd: l’ascension depuis Bédoin est à découvrir à la rubrique “Itinéraires” du site). C’est aussi un lieu chargé d’histoire avec la stèle dédiée à Tom Simpson . C’est un col à faire.  Le parcours de la Haute Route était fait pour découvrir tous ces endroits sympas comme les Gorges de la Nesque.

Merci Geoffrey, bon hiver avec ta famille et à l’année prochaine sur les cyclos!

Merci! On voit que les gens ont vraiment envie de participer à des granfondos, j’ai ressenti ça sur les quelques courses auxquelles j’ai pu participer cette année. Quand on peut mettre un dossard on est prêt à prendre toutes les mesures, à mettre un masque au départ et à l’arrivée. Le vélo est un sport qui se fait en extérieur… Il faut croiser les doigts pour que ça s’améliore au printemps.

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