Sur le parcours de la Haute Route Crans-Montana 2023

Je ne vous le dirai jamais assez, le Valais est une terre de cyclisme, qui profite d’un micro-climat idéal, la destination parfaite pour une Haute Route !

Le parcours de la Haute Route Crans-Montana 2023 peut d’ailleurs se vanter de reprendre deux mythiques ascensions de la région qui n’ont rien à envier aux plus prestigieux cols des grands tours, autant par leur difficulté que par leur beauté.

Allez, je vous emmène sur les traces du parcours de cette édition 2023 !

Jour 1 : Val d’Anniviers et le barrage de Moiry

Le premier jour, nous allons partir à la conquête du Val d’Anniviers, qui nous dévoilera sa fameuse « couronne impériale », composée de nombreux sommets de plus de 4’000 m d’altitude. Au moins de juin, la neige sera encore bien présente sur les cimes et les contrastes avec les alpages verdoyants seront saisissants.

Des panoramas à couper le souffle et des villages pittoresques nous accompagneront pendant que nous prendrons de l’altitude et progresserons dans le cœur de la vallée, jusqu’au magnifique village de Grimentz – atteint après environ 24 km de montée.

Niché sur les hauts de cette vallée se trouve le barrage de Moiry, le point culminant de l’étape à plus de 2’200 m d’altitude. Mais pour y arriver, il faudra encore compter sur une montée de 6 km à 9% de pente moyenne, cela peut sembler court, mais attention toutefois à ne pas s’emballer trop tôt… car dans le dernier kilomètre nous attend une pente moyenne de 11%. La dernière partie de l’ascension sera le clou du spectacle de cette première étape, par sa difficulté, mais surtout par la beauté de ce cadre naturel exceptionnel !

Après 30 km d’ascension pour 1’900 mD+, le lac de Moiry s’offrira à nous tel une récompense bien méritée à la sortie du tunnel – un véritable joyau naturel ! Une fois là-haut, nous aurons oublié tous les efforts consentis pour nous hisser là-haut, tellement le spectacle est fascinant ! Les eaux cristallines du lac d’un bleu émeraude reflètent les glaciers et les sommets enneigés qui l’entourent, créant un spectacle époustouflant. On aurait d’ailleurs presque l’impression de pouvoir toucher le Glacier de Moiry, tellement il semble proche et imposant. Sans doute l’un de mes endroits préférés dans cette belle région !

Après cette longue montée, nous redescendront la vallée par son autre rive et nous aurons le temps de reprendre des forces, avant de remonter en direction de Crans-Montana par la même route qu’aura emprunté le Giro d’Italie 3 semaines plus tôt, lors de son étape reine !

Jour 2 : L’étape reine au Sanetsch

La seconde étape sera toute aussi grandiose, car après une jolie montée ni trop longue, ni trop difficile en guise de mise en bouche en direction de la station d’Anzère, elle nous mènera au Col du Sanetsch, le géant de la région ! Une montée que je connais par cœur, mais pour laquelle j’ai toujours beaucoup de respect – selon moi, l’une des plus exigeantes en Valais, mais également l’une des plus fascinante !

J’ai cependant ma technique pour que cette ascension semble moins longue et difficile… Il faut la « découper » en plusieurs parties et se fixer de petits objectifs. La première partie se fait dans les vignes, la montée est paisible, petit à petit on laisse la vallée à nos pieds, on se sent encore plein d’énergie (gardons-la !). Arrive ensuite la seconde partie, le passage dans la forêt – un peu plus monotone selon moi, de longs bouts droits, des pourcentages qui s’élèvent de temps à autres au-dessus des 10%, mais heureusement, cette partie n’est pas bien longue.

Une fois que nous passons l’Auberge de Tsanfleuron, nous entamons la 3ème partie – la pente s’adoucit, la forêt se fait moins dense, pour s’ouvrir sur les verts pâturages alpins et les mayens saviésans. Le prochain objectif en vue sera la cascade de la Nétage, au pied du Sex Noir, elle est habituellement très active à la fonte des neiges, un spectacle magnifique qu’il faudra admirer tout en appuyant fort sur les pédales, car quelques lacets serrés et raides remontent le long de ladite cascade. Courte souffrance bien vite oubliée par le somptueux spectacle qui s’offre à nous, la plaine nous semble déjà bien loin, on peut déjà se féliciter du chemin parcouru ! Mais ce n’est pas (encore) fini.

À partir de là, nous attaquons la 4ème partie et entrons réellement dans l’environnement alpin si typique du Valais. Peut-être aurons-nous même la chance d’observer quelques vaches d’Hérens en pâture (ou de se faire siffler par les marmottes) ! Quelques 4 longs lacets plus haut et nous nous retrouverons face au magnifique glacier de Tsanfleuron, quel spectacle !

L’objectif est presque en vue depuis là (ça y est la dernière partie de notre challenge du jour), mais ne vous y trompez pas, il reste quelques efforts à fournir, surtout que l’altitude peut se faire ressentir…

Une fois le glacier en vue, nous traverserons quelques galeries humides et sombres creusées dans la roche (très peu éclairées, prévoyez des lampes pour voir et être vus) et au court passage gravel (200 m) à la sortie du dernier tunnel, nous entamerons la dernière ligne droite (au propre comme au figuré !). Les deux derniers kilomètres me semblent toujours interminables, car à chaque courbe à droite, j’ai l’impression que le sommet est en vue… mais non, il faut bien compter 3 longs virages avant d’y être ! Avec les années, j’ai maintenant mon petit truc secret : vous verrez durant cette dernière partie des pylônes électriques sur votre droite, quand enfin ils se rapprochent pour arriver à votre hauteur, c’est que vous y êtes presque, car eux aussi passent le sommet du col à 2’252 m d’altitude 😉. Bravo, la ligne d’arrivée de cette seconde étape sera franchie !

Une ascension dont vous vous souviendrez, le Sanetsch marque les esprits de tous les cyclistes, un endroit unique et préservé qui aura mis nos mollets à rude épreuve !

Jour 3 : Contre la montre

On pourrait l’appeler la cerise sur le gâteau, le fameux contre-la-montre individuel du 3ème jour ! Celui qui vous permet de laisser encore les derniers watts qui vous restent sur les routes valaisannes… Et même quand on a l’impression qu’il n’y en a plus, il y en a encore, rassurez-vous ! Surtout quand au compte à rebours du CLM, du haut de votre rampe de départ, l’adrénaline vous gagne, vous vous sentirez presque comme un pro au départ du Tour de France – et ça, c’est générateur de watts (pas beaucoup et pas pour longtemps, mais ça suffira 😉 ) !

Départ depuis la ville de Sierre, la cité du soleil, pour une ascension de 15km et 1300D+ en direction du col de Crans-Montana (ou de l’Aprilly, pour les locaux) qui surplombe la station à une altitude de 1804m. Le parcours serpente dans les vignobles typiques de la région jusqu’à Mollens, où après la traversée du village, un environnement plus montagnard vous attend. La pente est régulière et laisse peu de répit, il faut doser son effort pour en garder sous la pédale pour la seconde partie. Après la station d’Aminona, la route se rétrécit, traverse la forêt de mélèzes, avant de laisser place, sur les deux derniers kilomètres, à une vue dégagée sur toute la vallée du Rhône, ainsi que sur le Val d’Anniviers ou se sera déroulée la première étape. Ce sera la dernière ligne droite de cette Haute Route, avant de franchir la ligne d’arrivée du CLM, arrivée depuis laquelle nous aurons une vue fantastique sur la « couronne impériale » – quelle belle récompense !

En écrivant cet article, j’ai eu l’impression de faire le parcours en entier… mais surtout, ça m’a donné très envie d’y être ! J’espère qu’à vous aussi 😉

Retrouvez sur le site: la présentation de la Haute Route Crans-Montana 2023, le récit de Gioia sur sa Haute Route Crans-Montana 2021 et la présentation du Team Passione Sportiva Women’s Cycling

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Nathalie Monnier

Nathalie est une valaisanne hyperactive et passionnée. Autant dans son travail (comme Directrice Commerciale à Veepee.ch ), que dans son activité favorite, qu’est le vélo – elle aime le challenge et vivre à 200%, mais toujours avec le plaisir (même si parfois plaisir rime avec souffrir). Elle partage cet amour avec son mari et meilleur partenaire, Fabien, avec qui elle explore monts et vallées sur la route, en gravel, ou en mode bikepacking. Elle aime explorer chaque route, chaque chemin et surtout éviter les zones trop fréquentées par le trafic motorisé.

Il lui tient à coeur de transmettre et de partager sa passion. Elle a d’ailleurs eu la chance, il y a 2 ans, d’intégrer l’équipe Passione Sportiva qui a pour but de promouvoir le cyclisme féminin et en parallèle elle donne un peu de son temps, quand elle le peut, pour soutenir la FCVS (Fédération Cycliste Valaisanne) dans son activité de communication. Suivez ses magnifiques aventures sur Instagram.