Vous avez dit Superbowl ? 

Le temps des classiques est déjà bien lancé et pour les fans de cyclisme, nous vivons des évènements qui peuvent s’apparenter au « superbowl » ou à une finale de coupe du monde de football. Suite à la course, on se sent soit euphorique, soit avec un goût dinachevé.

Dimanche passé a eu lieu le Tour des Flandres avec le couronnement d’un coureur italien : Alberto Bettiol de EF Education First, le premier transalpin à remporter le Ronde depuis Alessandro Ballan en 2007. Cette course est la grande messe du cyclisme en Belgique. Pour ceux qui n’ont jamais pu s’y rendre, c’est une recette entre le Paléo Festival et la fête de la bière. Les gens sont passionnés et connaisseurs de cyclisme, mais avant tout de bonne friture.

© Photonews

Passons aux choses sérieuses. La course s’est jouée, comme souvent, dans le Oude Kwaremont où Alberto Bettiol a placé une belle accélération sans qu’il y ait de réaction de Greg Van Avermaet qui lui « suçait » la roue. Lorsque nous observons les images de son attaque, nous remarquons rapidement que le coureur italien était le plus fort. Le seul à prendre le haut du pavé alors que la troupe de favoris prend les bordures de terre.

Depuis quelques années, dans le Tour des Flandres, une tendance se dessine, en effet le coureur qui arrive à s’échapper seul parvient souvent à lever les bras. Nous assistons à des enterrements de première classe, mots souvent utilisés par Laurent Jalabert, à l’arrière et personne n’ose se livrer pour revenir et tenter d’avoir une chance dans sa vie d’accrocher ce monument du cyclisme et finir dans l’oubli d’une belle deuxième place.

Que dire du vainqueur qui a fêté en Belgique sa première victoire pro ?  Présent dans le  peloton World Tour depuis quatre ans, c’est un ancien de la BMC. Il a brillé cette année sur le Binck Bank E3 où il termine au pied du podium à la 4ème place. Mais autrement, aucun fait d’arme et donc une belle surprise ou révélation pour la formation à la parure rose. Nous attendions plutôt un Sep Van Marcke de la part des EF Education First. Nous verrons s’il s’agit d’une révélation ou simplement d’un feu de paille pour ce jeune coureur de 25 ans.

Dimanche prochain, la kermesse se déplace dans le Nord de la France pour la reine des classiques : Paris-Roubaix. Nous pouvons nous attendre à voir les mêmes coureurs se battre pour la victoire et certainement une petite revanche dans l’air pour les Deceuninck Quickstep, battus sur leur terre dimanche passé en Flandre.

© Paris-Roubaix

L’année passée, les suisses avaient vécu de belles émotions avec Silvan Dillier en lutte contre l’ancien champion du monde Peter Sagan jusqu’à la ligne d’arrivée. Souffrant sur le Tour des Flandres, pourquoi ne pas le revoir à l’avant avec peut-être Stefan Küng ? Les pavés du Nord devraient un peu plus convenir à sa grande carcasse. Les secteurs pavés sont très douloureux et beaucoup plus violents que sur le Tour des Flandres car les coureurs arrivent lancés à pleine vitesse et les secteurs sont, pour la plupart, relativement plats. Pour avoir roulé sur le parcours de Paris-Roubaix, je peux vous garantir que même si c’est plat, à la sortie de chaque secteur pavé, on a l’impression d’avoir gravi une côte tant on en sort éreinté et secoué. Pour tenir la vitesse sur les secteurs, il faut envoyer des watts et là j’en parle en tant qu’amateur. La difficulté de cette course pour les pros, c’est d’enchainer les secteurs pavés mais surtout de résister aux grandes relances en sortie de secteur. On espère voir une superbe course de mouvement. Une seule équipe a suffisamment d’éléments pour maîtriser la course, ce sont les hommes de Patrick Lefévère.

Selon l’état du pavé, nous risquons d’avoir une lutte de cyclocrossmen avec Mathieu Van der Poel, Zdenek Stybar et Wout Van Aert pour ne citer qu’eux. Le plus impressionnant des trois sur le Tour des Flandres est surement MVDP. Victime d’une chute et projeté à 40 secondes du peloton, il est revenu seul sur l’avant de la course malgré les passages de Vieux Quaremont et du Paterberg. Attention à lui pour l’Enfer du Nord et pourquoi pas à Bettiol finalement.

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Nous espérons voir nos suisses briller. Sur le Tour des Flandres, Stefan Küng a terminé 44ème, Silvan Dillier 54ème et Michael Schär, co-équipier majeur de Van Avermaet, 66ème.

Mais lors de ces classiques flandriennes, nous avons aussi vu la future perle suisse briller sur le jeune talent suisse : Marc Hischi. Le champion du monde des moins de 23 ans a terminé à la 10ème place du Binck Bank E3 et était à l’avant presque toute la course. Il est annoncé pour l’instant sur les ardennaises selon le site de son équipe. Le coureur  de la Sunweb, âgé de 20 ans, a encore le temps de venir découvrir ces classiques et tenter de prendre le flambeau de Fabian Cancellara pour aller chercher une trophée de légende.

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