Photos : Jeanne Lepoix, Road to Lausanne
En 1987, Marc Madiot déclarait à la télévision qu’une femme sur un vélo, « c’est moche ». Près de quarante ans plus tard, le Tour de France Femmes attire les foules, les championnes sont devenues des stars et de plus en plus de femmes se mettent au vélo. Comment le cyclisme féminin a-t-il autant évolué ? On fait le point avec Lily Combe.
« Une femme sur un vélo, c’est moche ! »
En 1987, sur le plateau de l’émission télévisée Chacun son tour, le coureur professionnel Marc Madiot débat avec Jeannie Longo, alors championne du monde. Il affirme que certains sports sont faits pour les hommes et d’autres pour les femmes, avant de lâcher cette phrase : « Voir une femme sur un vélo, c’est moche ! »
Face à lui, Jeannie Longo défend sa place et celle des autres coureuses. La séquence, qui paraît aujourd’hui incroyable, montre bien la mentalité d’une époque où le cyclisme était encore largement considéré comme un sport masculin.
Le cyclisme féminin prend de l’ampleur
Ces dernières années, le cyclisme féminin a explosé. Chez les pros, la différence est énorme : les « monuments » du cyclisme comme Paris-Roubaix ou Liège-Bastogne-Liège ont lancé une version féminine, tandis que le Tour de France Femmes a fait son retour sous une nouvelle forme. Médiatisées, sponsorisées, mises en avant, les femmes prennent de plus en plus d’importance dans le cyclisme. Aujourd’hui, Pauline Ferrand-Prévot, entre autres, est une star mondiale.
Pendant longtemps, les courses féminines n’étaient même pas diffusées sur nos télévisions. Il y avait donc moins de visibilité, ce qui limitait l’arrivée de sponsors et les moyens financiers des équipes. Le cyclisme féminin avait ainsi beaucoup plus de peine à se professionnaliser.
Alors que le sport féminin gagnait du terrain dans d’autres disciplines, comme le football ou le tennis, les courses cyclistes ont commencé à être filmées. Le public a découvert que le cyclisme féminin pouvait également être spectaculaire et très offensif. Les spectateurs se sont faits de plus en plus nombreux.
En 2021, c’est Paris-Roubaix qui a ouvert une édition féminine et puis, en 2022, le Tour de France Femmes sous sa forme actuelle a fait son apparition. Le cyclisme féminin a gagné une visibilité internationale, les sponsors se sont faits plus nombreux et beaucoup de femmes ont été motivées à se mettre en selle.
Les réseaux sociaux changent aussi la donne
Il y a également une partie liée aux réseaux sociaux. Avant, les médias décidaient de qui ils voulaient parler. Maintenant, les athlètes parlent aussi directement au public et se font connaître d’elles-mêmes. Par exemple, Demi Vollering est très appréciée pour la proximité qu’elle entretient avec ses fans, en plus de ses résultats sportifs.
Les grosses marques de vélo ont compris le potentiel et voient que beaucoup plus de femmes roulent. Elles développent donc davantage de produits pour les femmes, sponsorisent beaucoup plus d’événements féminins et la visibilité continue de grandir.
Aujourd’hui, regarder une course féminine est extrêmement divertissant, disent de nombreux spectateurs, car il y a souvent moins de contrôle exercé par les grandes équipes que chez les hommes, ce qui rend la course moins prévisible.
De plus en plus de femmes sur un vélo
Et dès qu’un sport devient populaire et médiatisé, il fait automatiquement rêver… De plus en plus de jeunes filles sont motivées et se mettent à rouler.
Les événements féminins se font de plus en plus nombreux, comme LA REINE, un événement réservé aux femmes organisé à Gstaad. Il y a de plus en plus de sorties de groupe 100 % féminines organisées.
En Suisse, au bikepark de Valbirse, il y a même un « Ladies Day ». Lors de cette journée, les femmes bénéficient d’un accès gratuit au bikepark. Elles peuvent aussi se rencontrer et échanger, car avoir des copines avec qui rouler, c’est toujours plus fun !
Une évolution qui ne date pas d’hier
En résumé, le cyclisme féminin n’a pas explosé d’un coup. Son développement s’est accéléré à mesure qu’on lui a donné davantage de visibilité et de reconnaissance.

Lily Combe
Membre de talent Romandie et de la cycling académie Valais, Lily adore le VTT. Depuis petite, elle pratique beaucoup de sport de montagne, notamment le ski alpin, le ski alpinisme et le VTT. Découvrir de nouveaux pays et de nouvelles cultures la connaît, elle qui adore voyager… Fille active dans le cyclisme, elle veut développer le sport féminin. Elle adore partager de nouvelles aventures et faire de nouvelles rencontres.
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